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Pour un commerce plus juste

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Tant au niveau de sa notoriété que de ses volumes de vente, le commerce équitable connaît un remarquable essor depuis quelques années. En 2000, seulement 9% des Français avaient déjà entendu parler de ce commerce. Ils sont plus de 80% aujourd’hui à en connaitre l’existence. Acheter «équitable» est devenu une tendance durable des habitudes des consommateurs. Café, thé, chocolat, miel, bananes et jus de fruits : l’alimentaire continue de dominer les ventes. Mais on observe un élargissement de l’offre : l’habillement, la décoration ou les cosmétiques ont fait leur apparition ces deux dernières années. Selon l’association Max Havelaar, qui labellise les produits équitables de plus de 150 marques, le chiffre d’affaires est passé, en France, de 12 millions en 2001, à 166 millions d’euros en 2006. Et il ne pèse globalement que 0,1% du commerce en Europe et 0,01% du commerce mondial.
Le concept : payer aux producteurs économiquement défavorisés des pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie la juste rémunération de leur travail. Cela consiste à fixer un «prix raisonnable», éventuellement supérieur aux prix du marché, lorsque ces produits sont soumis aux cours mondiaux des matières premières.
Le commerce équitable fut initié, dès la fin des années 40, par des militants américains, solidaires des populations des pays du Sud. Ils estimaient qu’il valait mieux donner aux populations les moyens de leur développement plutôt que de les maintenir dans la dépendance de l’aide. A la fin des années 50, cette forme de commerce arrive dans les pays d’Europe du Nord à l’initiative d’associations solidaires. En 1957, le premier point de vente «Artisans du monde», spécialisé dans l’importation de produits du Tiers Monde, apparaît aux Pays-Bas. Mais il faut attendre 1988 pour que le premier café équitable, sous le label «Max Havelaar» soit introduit sur le marché néerlandais par les voies de distribution classiques.
Plus de 80% des achats réalisés dans les supermarchés
En 2002, pour sortir de la confidentialité, le commerce équitable se tourne vers la grande distribution. Dans les pays industrialisés, de plus en plus de consommateurs acceptent de débourser plus pour ce type de produits. Aujourd’hui, plus de 80% des achats sont réalisés dans les supermarchés.
En 2006, les centres Leclerc, leader du marché, ont réalisé 19,2 millions d’euros de ventes équitables, en hausse de 32% sur un an. Suivant la trace de Monoprix et Auchan, précurseurs dans ce domaine, chaque enseigne propose aujourd’hui au moins un produit équitable.
A côté des labels utilisés en Europe comme «Max Havelaar», «Transfair» ou «Fairtrade», les supermarchés les développent aussi sous leur propre marque. Intermarché a, par exemple, lancé fin 2006 sa référence avec le café «Planteurs des tropiques».
Mais le financement solidaire, ce n’est pas seulement acheter des produits labélisés équitables, c’est également financer, ensuite, des projets. L’enjeu, aujourd’hui, est de convaincre la grande distribution d’aller au-delà d’un soutien de principe et de jeter les bases d’un commerce équitable, tout le long de la filière, du producteur au consommateur. En 2006, les finances solidaires ont généré 280 millions d’euros d’investissements et ont ainsi permis le lancement de nombreux projets à caractère social ou environnemental dans les pays d’origine, ce qui est rarement le cas dans le commerce traditionnel. L’autre enjeu, c’est de pouvoir démontrer aux consommateurs que le commerce équitable est fiable, qu’il y a une traçabilité complète de la filière. Si la traçabilité dite équitable est facile à garantir pour l’artisanat produit à l’échelle d’un village, elle est plus aléatoire pour un produit agricole comme le café étant donné la masse récoltée. Deux paris que le commerce équitable devra relever. Pour ne pas rester, comme certains le lui reproche, un simple moyen de se donner bonne conscience.
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